
Varices : traitements disponibles et efficacité réelle
Compression, sclérothérapie, laser, radiofréquence, chirurgie, ultrasons focalisés… Les traitements des varices se sont considérablement développés au cours des dernières années.
Mais une question est plus difficile qu'il n'y paraît : qu'est-ce qu'un traitement réellement efficace contre les varices ?
Faire disparaître une veine visible ? Soulager les jambes lourdes ? Supprimer le reflux veineux ? Éviter une récidive dix ans plus tard ?
Les études les plus récentes montrent qu'il faut distinguer ces différents objectifs. Elles permettent aussi de mieux hiérarchiser les traitements dont l'efficacité est aujourd'hui solidement établie… et ceux pour lesquels le recul scientifique reste plus limité.
Une varice, ce n'est pas seulement une veine visible
Les varices correspondent à une dilatation permanente de veines superficielles, souvent associée à une anomalie de fonctionnement des valvules veineuses et à un reflux du sang dans le mauvais sens.
Elles font partie de la maladie veineuse chronique et peuvent s'accompagner de lourdeurs, douleurs, démangeaisons, œdèmes ou modifications cutanées. Dans les formes plus avancées peuvent apparaître des complications comme les ulcères veineux.
La présence de varices n'implique toutefois pas automatiquement qu'un traitement interventionnel soit nécessaire.
Le traitement dépend principalement des symptômes, de l'importance du reflux, de l'anatomie veineuse, des éventuelles complications et bien sûr des attentes du patient.
L'écho-Doppler : comprendre avant de traiter
Lorsqu'un traitement d'une maladie variqueuse est envisagé, l'écho-Doppler veineux constitue l'examen central.
Il permet de visualiser le réseau veineux superficiel et profond, d'étudier la direction du flux sanguin, de mettre en évidence un reflux et de réaliser une véritable cartographie des veines concernées. Il sert également à guider certaines procédures comme la sclérothérapie échoguidée et les traitements endoveineux.
C'est un changement de perspective important : on ne choisit pas un traitement uniquement parce qu'une veine est visible. On traite une situation clinique et hémodynamique précise.
Compression : utile, mais que fait-elle réellement ?
Les bas ou chaussettes de compression augmentent la vitesse du retour veineux, limitent la dilatation des veines et peuvent réduire l'œdème et certains symptômes.
En France, l'Assurance Maladie présente la compression comme le traitement symptomatique de référence et recommande généralement les classes 2 ou 3 dans la maladie variqueuse, sous réserve des éventuelles contre-indications artérielles.
Mais il faut éviter d'en déduire que la compression « guérit » les varices.
Elle ne supprime pas le reflux veineux existant et ne fait pas disparaître définitivement la veine pathologique.
Les recommandations SCAI publiées en 2025 suggèrent la compression chez les personnes présentant des varices symptomatiques, mais soulignent également que le niveau de certitude scientifique concernant certains bénéfices est faible ou très faible.
La compression est donc un outil utile, parfois essentiel, mais son rôle n'est pas le même que celui d'une technique destinée à fermer une veine responsable d'un reflux.
Laser et radiofréquence : les techniques les mieux établies aujourd'hui
Lorsque les symptômes sont associés à un reflux d'une grande ou petite veine saphène et qu'un traitement interventionnel est indiqué, les techniques endoveineuses thermiques occupent désormais une place centrale.
Le principe est similaire : un cathéter est introduit dans la veine sous contrôle échographique et délivre de l'énergie sous forme de chaleur afin d'en provoquer la fermeture.
Deux techniques dominent :
le laser endoveineux (EVLA) et la radiofréquence (RFA).
Une importante méta-analyse publiée en 2026, portant sur 38 publications issues de 27 essais randomisés, retrouve une efficacité anatomique comparable entre laser, radiofréquence et chirurgie conventionnelle pour le traitement de l'insuffisance de la grande veine saphène.
La fermeture de la veine est généralement supérieure à 90 % dans les essais utilisant les techniques modernes. Laser et radiofréquence procurent également des améliorations comparables sur les symptômes et la qualité de vie.
Ces résultats expliquent pourquoi les techniques endoveineuses ont progressivement remplacé la chirurgie classique dans une grande partie des indications. En France également, l'Assurance Maladie décrit le laser et la radiofréquence comme des traitements usuels du reflux veineux superficiel.
Laser ou radiofréquence : y en a-t-il un meilleur ?
Pas vraiment.
La méta-analyse 2026 ne retrouve pas de différence significative d'efficacité anatomique entre laser et radiofréquence.
Certaines études suggèrent des différences en matière de douleur postopératoire, d'ecchymoses ou de vitesse de récupération, mais elles sont beaucoup moins importantes que la différence entre une technique correctement indiquée et une technique inadaptée à l'anatomie du patient.
La sclérothérapie : efficace, mais pas pour toutes les situations
La sclérothérapie consiste à injecter dans une veine un produit liquide ou sous forme de mousse afin d'endommager sa paroi et d'entraîner progressivement son occlusion.
Elle occupe une place importante dans le traitement des petites varices, des tributaires variqueuses et de certaines récidives. L'Assurance Maladie reconnaît son efficacité, notamment pour les dilatations de petit diamètre.
En revanche, lorsqu'on compare la sclérothérapie à la mousse échoguidée d'un tronc saphène aux techniques thermiques, les résultats à long terme sont généralement moins durables.
La méta-analyse 2026 retrouve davantage de recanalisations et de récidives après sclérothérapie à la mousse qu'après laser, radiofréquence ou chirurgie pour l'insuffisance primaire de la grande saphène.
Cela ne signifie pas que la sclérothérapie est un « mauvais traitement ». Cela signifie simplement que son efficacité dépend fortement de ce que l'on cherche à traiter.
Comme tout acte médical, elle comporte par ailleurs des effets indésirables potentiels. L'ANSM a notamment rappelé en 2026 l'existence, bien que rare, de complications cardiovasculaires et thromboemboliques associées à certains agents sclérosants.
Et les ultrasons focalisés HIFU / Sonovein ?
Une approche plus récente consiste à fermer la veine depuis l'extérieur du corps grâce à des ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU).
Le dispositif Sonovein utilise cette technologie avec l'intérêt théorique d'éviter cathéter, incision et abord veineux.
Les premières données sont intéressantes. Une étude publiée en 2025 rapporte des résultats encourageants concernant l'occlusion veineuse et la sécurité du HIFU, et l'essai pivot VEINRESET a également communiqué des résultats favorables.
Mais il est important de remettre ces résultats dans leur contexte.
Le niveau de preuve et surtout le recul à long terme sont aujourd'hui beaucoup plus importants pour le laser et la radiofréquence. Le HIFU dispose encore d'un nombre nettement plus limité d'études, de patients et de comparaisons randomisées.
Il serait donc prématuré de présenter cette technique comme supérieure ou équivalente aux traitements endoveineux de référence.
C'est une technologie prometteuse, particulièrement intéressante par son caractère totalement non invasif, mais qui nécessite encore davantage de données comparatives et de recul.
La chirurgie a-t-elle disparu ?
Non, mais sa place s'est réduite.
Le stripping consistait historiquement à retirer chirurgicalement la veine saphène pathologique. Les techniques endoveineuses permettent aujourd'hui de traiter une grande proportion des patients avec moins d'agression tissulaire et une récupération généralement plus rapide.
La chirurgie reste néanmoins pertinente dans certaines anatomies complexes, notamment lorsqu'une veine est très volumineuse ou tortueuse et difficilement accessible aux techniques endoveineuses.
Les résultats à long terme sont d'ailleurs intéressants : certains essais suivis pendant dix ans montrent une excellente durabilité de la chirurgie, parfois avec moins de récidives anatomiques que certaines anciennes générations de laser.
Cela rappelle un point essentiel : le traitement le moins invasif n'est pas nécessairement le plus durable pour chaque patient.
Une veine fermée signifie-t-elle que le patient est guéri ?
Pas nécessairement.
Les études évaluent souvent un critère appelé « succès anatomique » : la veine traitée reste-t-elle fermée à l'écho-Doppler ?
C'est un critère utile, mais ce n'est qu'une partie du résultat.
L'amélioration des douleurs, des œdèmes, de la sensation de jambes lourdes, de la fonction et de la qualité de vie compte au moins autant.
La méta-analyse 2026 montre justement que plusieurs traitements peuvent présenter des différences anatomiques tout en produisant des bénéfices assez proches en termes de symptômes ou de qualité de vie.
Autrement dit : une échographie parfaite n'est pas à elle seule synonyme de succès clinique, et inversement.
Les varices peuvent-elles revenir après traitement ?
Oui.
Une veine correctement traitée peut rester définitivement fermée tandis que d'autres veines deviennent progressivement insuffisantes.
Une récidive peut également résulter d'une recanalisation de la veine traitée ou du développement d'un nouveau réseau veineux pathologique.
Les études avec suivi à cinq ou dix ans montrent que le risque de récidive varie selon la technique mais qu'aucune méthode ne garantit l'absence de nouvelles varices au cours de la vie.
Il est donc plus juste de parler de traitement d'un reflux veineux identifié que de « guérison définitive du terrain veineux ».
Marcher, faire du sport et perdre du poids : est-ce réellement efficace ?
L'activité physique reste recommandée parce que la contraction des muscles du mollet participe activement au retour veineux et parce que lutter contre la sédentarité présente de nombreux bénéfices de santé.
Les données disponibles suggèrent que l'exercice peut améliorer certains paramètres de fonctionnement de la pompe musculaire et certains symptômes de la maladie veineuse chronique. Mais les essais sont relativement peu nombreux et hétérogènes.
Il faut donc éviter une formulation trop forte du type : « marcher et contrôler son poids empêchent les varices de revenir ».
Une bonne hygiène de vie est souhaitable, mais elle ne restaure pas une valve veineuse défaillante et ne garantit pas l'absence de récidive.
C'est une distinction importante entre conseil de santé pertinent et promesse thérapeutique.
Les veinotoniques sont-ils efficaces ?
Ils peuvent améliorer certains symptômes chez certaines personnes, mais ils ne corrigent pas le reflux veineux et n'ont pas démontré qu'ils modifiaient l'évolution anatomique de la maladie.
L'Assurance Maladie précise qu'ils peuvent être utilisés temporairement pour soulager les symptômes mais qu'ils ne remplacent ni les mesures générales ni la compression lorsqu'elle est indiquée. Ils ne sont actuellement pas remboursés par l'Assurance Maladie.
Quelle place pour l'ostéopathie ?
C'est ici que l'approche fondée sur les preuves doit être particulièrement claire.
Aucune donnée clinique solide ne montre qu'un traitement ostéopathique puisse fermer une varice, restaurer une valvule veineuse insuffisante ou supprimer un reflux saphène.
Les explications selon lesquelles un traitement du bassin, du diaphragme ou des tissus environnants permettrait de « libérer la circulation » et de corriger l'insuffisance veineuse ne disposent pas aujourd'hui de preuves cliniques suffisantes pour être présentées comme un mécanisme thérapeutique établi.
La contribution pertinente de l'ostéopathe est ailleurs.
Le praticien peut identifier certains signes compatibles avec une pathologie vasculaire, reconnaître une présentation qui ne correspond pas à un trouble musculo-squelettique, conseiller une activité physique adaptée dans son champ de compétence et surtout orienter le patient lorsqu'un bilan médical ou vasculaire est nécessaire.
Chez une personne présentant parallèlement des douleurs ou limitations musculo-squelettiques, une prise en charge manuelle peut évidemment avoir un objectif propre sur ces symptômes, mais elle ne doit pas être présentée comme un traitement de la maladie veineuse elle-même.
Pour approfondir précisément cette démarche clinique, la formation REFLEX OSTEO Atteintes cardiaques, artérielles et veineuses aborde l'insuffisance veineuse, la thrombose veineuse, les œdèmes, le raisonnement différentiel, les facteurs de risque et les stratégies d'orientation.
La formation Triage dans le champ musculo-squelettique permet également d'approfondir le repérage des atteintes non musculo-squelettiques et le triage neurovasculaire au cabinet.
Enfin, la formation Santé des seniors développe le raisonnement clinique et l'adaptation de la prise en charge chez des patients plus âgés, chez lesquels pathologies vasculaires, comorbidités et traitements associés deviennent particulièrement importants à intégrer.
Quand une douleur de jambe doit-elle alerter ?
Toutes les douleurs ou tous les gonflements d'une jambe ne sont pas liés à de simples varices.
Une augmentation brutale et unilatérale du volume d'un membre, une douleur inhabituelle du mollet, une chaleur ou rougeur locale doivent notamment faire évoquer une thrombose veineuse.
L'apparition associée d'un essoufflement brutal, d'une douleur thoracique ou d'un malaise nécessite une prise en charge médicale urgente en raison du risque d'embolie pulmonaire. L'écho-Doppler constitue l'examen de référence pour confirmer ou exclure une thrombose veineuse profonde.
Pour un thérapeute manuel, reconnaître ces situations est évidemment beaucoup plus important que de chercher à traiter localement la jambe.
Traitement des varices : que retenir des études récentes ?
Les publications et recommandations récentes permettent de dégager une hiérarchie assez claire.
Le diagnostic et la cartographie par écho-Doppler sont essentiels lorsqu'un traitement interventionnel est envisagé.
Laser et radiofréquence disposent aujourd'hui du corpus de preuves le plus robuste pour le traitement d'un reflux saphène symptomatique. Leur efficacité anatomique et clinique est comparable à celle de la chirurgie dans la majorité des essais randomisés.
La sclérothérapie reste extrêmement utile, notamment sur des veines de plus petit calibre et certaines varices collatérales, mais la mousse est moins durable lorsqu'elle est utilisée pour traiter un reflux tronculaire important.
La compression améliore surtout les symptômes et l'œdème, mais ne supprime pas une insuffisance valvulaire existante.
Les ultrasons HIFU représentent une piste intéressante, mais disposent encore de moins de recul et de données comparatives que les techniques endoveineuses historiques.
Et enfin, aucun traitement ne garantit que de nouvelles varices n'apparaîtront jamais.
La meilleure stratégie n'est donc pas nécessairement le traitement le plus récent, le plus technologique ou le plus radical. C'est celui qui correspond à l'anatomie veineuse, aux symptômes, aux risques et aux attentes de la personne.
Sources
Sayarer C. et al. Effectiveness of endovenous ablation techniques and surgery for great saphenous vein incompetence: a comprehensive meta-analysis of randomized controlled trials. Scientific Reports, 2026.
Attaran RR. et al. 2025 SCAI Clinical Practice Guidelines for the Management of Chronic Venous Disease. JSCAI, 2025.
Gloviczki P. et al. Society for Vascular Surgery, American Venous Forum and American Vein and Lymphatic Society clinical practice guidelines for the management of varicose veins. Journal of Vascular Surgery: Venous and Lymphatic Disorders.
Lamoca LMI. et al. High-intensity-focused ultrasound treatment for chronic venous insufficiency. Journal of Vascular Surgery: Venous and Lymphatic Disorders, 2025.
Assurance Maladie. Traitement des varices des jambes, mise à jour mars 2026.
Laisser un témoignage
Votre expérience est précieuse. Partagez-la avec notre communauté de plus de 224 000 patients.