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La cyphose du dos ; comment prévenir et traiter ce dos voûté ?

dos vouté et cyphose : l'ostéopathe pour mon mal de dos
Mal au dos ? Votre dos est vouté ? Les épaules en avant ? Gare à la cyphose thoracique et à ses complications, particulièrement chez l'enfant mais aussi chez l'adulte !

Vos ostéopathes vous conseillent et vous accompagnent pour prévenir et traiter les troubles liés à votre cyphose thoracique. 


Mieux comprendre la cyphose dorsale

Pour que l'homme s'érige en bipède, sa colonne vertébrale s'est au fil des millénaires décomposée en trois courbures ergonomiques pour absorber au mieux les contraintes de son environnement.

  • La lordose lombaire (5 vertèbres) à concavité postérieure
  • La cyphose thoracique (12 vertèbres) à convexité postérieure
  • La lordose cervicale (7 vertèbres) à concavité postérieure

La cyphose thoracique prolonge la colonne lombaire. Cette portion de la colonne vertébrale est reliée aux côtes. Elle est donc en lien étroit avec les acteurs de la biomécanique ventilatoire (côtes, diaphragme, muscles inspirateurs accessoires, poumons …).

L'accentuation de la cyphose thoracique se définit comme une exagération de la convexité de la zone dorsale. Elle peut altérer la biomécanique rachidienne et l'équilibre générale de la colonne. Ces altérations pourront contrarier le fonctionnement des chaines musculaires, des dysfonctions articulaires vertébrales ainsi que des troubles viscéraux et respiratoires qui pourront être la cause de sérieuses douleurs et de graves complications.

Il existe deux types de cyphoses excessives : 

- Flexible (l'érection du rachis est possible) 

- Fixe (l'érection du rachis est impossible).

Quelques rappels anatomiques...

Une vertèbre thoracique est composée d’un corps vertébral effilé vers l’avant. Celui-ci est de forme cylindrique et assez arrondi. La corticale osseuse est fine sauf en arrière. Ils comportent de très nombreux orifices vasculaires. Les surfaces articulaires supérieures et inférieures sont concaves et recouvertes de cartilage. Les corps vertébraux possèdent une architecture spongieuse composée de travées osseuses assurant une très grande résistance.

cyphose-dos-vouté-dos

La vertèbre thoracique est également composée d’un arc postérieur relié par des pédicules au tiers postéro-supérieur du corps. Les pédicules sont eux-mêmes reliés entre eux par les lames qui se rejoignent en un processus épineux (volumineux, court et horizontal. Les massifs articulaires post

érieurs se trouvent à la jonction des pédicules et des lames. Ils sont au nombre de 4 par vertèbre et assurent le complexe articulaire postérieur des thoraciques. On dénombre également 2 apophyses transverses (assez petites) par vertèbre thoracique situées entre les processus articulaires supérieur et inférieur, devant les lames et derrière les pédicules.

Ces structures délimitent le canal rachidien avec la moelle épinière le traversant ainsi que les foramens laissant passage aux nerfs sensitifs et moteurs et aux artères vertébrales à chaque étage rachidien. Ces foramens sont délimités par les processus articulaires postérieurs, les 2 pédicules, le disque et la partie postéro latéral du corps vertébral.

Les vertèbres thoraciques s’articulent autour de 4 articulations cartilagineuses (entre les processus articulaires postérieurs), 3 articulations fibreuses (2 intertransversaires et 1 interépineuse) et 1 articulation discale fibrocartilagineuse (entre deux corps vertébraux autrement appelée inter-corporéale). Elles possèdent également des articulations avec les côtes au-dessus et en dessous de la partie postérieure des corps vertébraux. Ces articulations costo-vertébrales possèdent un disque, une capsule articulaire et des ligaments. On notera la présence d’une articulation costo-transversaire entre la facette de la tubérosité costale des dix premières côtes et les processus transverses de la 2e à la 11e côte.

Les vertèbres thoraciques sont les vertèbres qui permettent le moins de mouvement. Elles présentent très peu de degrés de liberté dans tous les plans de l’espace car leurs articulations avec les côtes entravent leur mouvement ce qui est absolument nécessaire pour assurer le soutien et la protection des organes thoraciques. 

Cependant, leur micro-mobilité est essentielle à la respiration et leur nombre permet des amplitudes de mouvement d’environ 30° pour l’ensemble du rachis thoracique dans tous les plans de l’espace.

Muscles responsables de la flexion thoracique : Grand droit, grand oblique, petit oblique, transverse.

Muscles responsables de l’extension thoracique : Muscles spinaux, grand dorsal.

Muscles responsables de l’inclinaison thoracique : Les mêmes que ceux de la flexion ainsi que les intercostaux et les faisceaux moyens et inférieurs du trapèze.

Muscles responsables de la rotation thoracique : Les mêmes que ceux de l’inclinaison ainsi que les rhomboïdes, le petit dentelé postéro-supérieur, les pectoraux et les faisceaux moyens et inférieurs du trapèze.

Quelle population est touchée ? Quelles en sont les causes ?

Elle est plus fréquente chez les hommes. Son pré diagnostique est établi par un bilan orthopédique par prélèvement de mesures de la courbure thoracique et tests actifs en hyper extension et percussion des épineuses. Il doit être fait le plus tôt possible.

On notera l'enroulement des épaules, la présence d'une gibbosité, la cohérence de l'ensemble des courbures du tronc. Le diagnostic final est radiographique et permet, s’il est suffisamment précoce, de rectifier la cyphose (chez le sujet jeune) ou d'en limiter l'accentuation. Un scanner ou une IRM sont parfois nécessaires pour en trouver la cause.

Cet examen a deux objectifs : évaluer l'importance de la cyphose (topographie, régularité, angulation) et rechercher l'origine anatomique de la douleur (corps vertébral, disque intervertébral, ligaments, muscles ...).

Les causes primaires ou constitutionnelles 

Le morphotype familial ou ethnique constitue les causes primaires :

  • Malformation congénitale
  • Cyphose constitutionnelle familiale (Flexible, elle se réduit en hyperextension thoracique)

Les causes secondaires 

La cyphose thoracique est alors déclenchée par un ou plusieurs facteurs annexes qui influencent la biomécanique articulaire des vertèbres thoraciques et/ou la qualité osseuse :

Chez l'enfant et l'adolescent (anomalie de croissance) :

  • Mauvaise posture de l'enfant (mauvaise assise : un pied sous la fesse ou les coudes tout le temps au repos sur la table) pouvant entraîner une musculature dorsale insuffisante.
  • Importance du cartable chez l'enfant ! Celui-ci ne doit pas excéder 1/3 du poids du corps, idéalement comporter une sangle de serrage abdominale, ne pas favoriser la projection du tronc vers l'avant.
  • Musculature surdéveloppée à la suite d’exercices de musculation effectués mal et/ou trop jeune.
  • Maladie de Scheuermann : ostéochondrose vertébrale de croissance, surtout chez le garçon entraînant une cyphose fixe. Elle se manifeste par des douleurs et raideurs thoraciques à la suite d’une station assise prolongée ou d’un exercice physique. La difformité physique du dos du patient est en générale marquée et affecte au moins 3 vertèbres consécutives (diagnostique radiologique). La maladie n'évolue pas après la croissance mais les atteintes vertébrales sont irréversibles.
  • Epiphysite vertébrale de croissance.

Retrouvez notre dossier sur l'interêt de la prise en charge ostéopathique de l'enfant et particulièrement pendant sa croissance. 


Chez le jeune adulte (inflammation de la colonne vertébrale) :

  • Spondylarthrite ankylosante (maladie inflammatoire chronique dont la localisation des symptômes remonte chronologiquement du bassin aux cervicales. Elle occasionne des douleurs articulaires inflammatoires, une raideur dorsale, des troubles intestinaux et parfois de la fièvre lors des poussées)
  • Séquelles de spondylodiscite (glissement de L5 en avant sur le promontoire sacré)

Chez le sujet âgé (altération du tissu osseux) :

  • Ostéoporose vertébrale (fragilisation des vertèbres, tassement vertébraux et dégénérescence des disques intervertébraux)
  • Poliomyélite (maladie neuromusculaire)

Comment repérer et diagnostiquer une cyphose dorsale ?

Certains symptômes permettent de suspecter une cyphose thoracique mal tolérée par l'organisme. Il est alors temps de consulter un ostéopathe pour effectuer un bilan complet. Voici quelques un de ces symptômes :

  • Mal de dos avec douleurs musculaires et raideurs diffuses, et chroniques le long du rachis pouvant être mécaniques (réveillées à un ou plusieurs mouvement) ou inflammatoires (présentes à tous les mouvements, réveillant la nuit et mettant plus de 30 minutes à disparaître au réveil)
  • Douleurs cervicales et de la charnière dorso-lombaire
  • Diminution des capacités respiratoires
  • Déformations vers la convexité de cette cyphose
  • Hyperlordose lombaire et cervicale par compensation
  • Augmentation de la douleur à la suite d’une activité physique ou d’une station assise prolongée

dos vouté et cyphose


Complications : Quelles sont les évolutions possibles de l’hypercyphose ?

  • Enraidissement généralisé de la cage thoracique
  • Déformation de la partie antérieure du corps vertébral due à son éloignement de la ligne de gravité
  • Une marche laborieuse
  • Ostéoporose et arthrose vertébrale précoce
  • Scoliose thoracique acquise due à l'altération prolongée de la biomécanique thoracique
  • Dans le cas d'une cyphoscoliose : Altération sévère des fonctions respiratoires et digestives dues à une réduction d'amplitude de la cage thoracique (sur sollicitation des muscles mis en jeux lors de la respiration)
  • Dans le cas d'une cyphoscoliose grave : Atteinte des fonctions vitales : Apparition de pathologies pulmonaires (hypertension artérielle pulmonaire, bronchites) et cardiaques (insuffisance ventriculaire droite) due à la réduction du mouvement thoracique

Apprenez à reconnaitre l'apparition d'une scoliose chez votre enfant : 

scoliose-enfant

Traitement : Comment limiter les symptômes de la cyphose thoracique et ralentir sa progression ?

  • Pour une légère accentuation de la cyphose, un changement d'attitude posturale suffit à limiter les symptômes et à ralentir sa progression. La prise de conscience des vices posturaux est fondamentale pour limiter la progression de la pathologie.
  • Pour une hyper cyphose, des séances d'ostéopathie, de kinésithérapie peuvent permettre de soulager les douleurs :
    - Pratique régulière d'exercices de renforcement de la musculature dorsale
    - Entretien de la biomécanique respiratoire en insistant sur la phase inspiratoire
    - Ré-harmonisation musculaire avec renforcement des extenseurs en métabolisme aérobie.
    - Médicaments visant à renforcer le tissu osseux (Calcium, Vitamine D).
  • Dans les cas les plus graves, des anti-inflammatoires, un traitement antalgique et des décontractants musculaires sont envisagés. En l'absence de résultats satisfaisants une opération chirurgicale de redressement de la colonne vertébrale (cas d'une courbure supérieure à 70°) sera programmée.
  • Pour les sujets jeunes, un corset (ou orthèse du tronc) pendant un minimum de 4 semaines, associé à un programme de musculation du dos peut ralentir l'accentuation de l’hyper cyphose. Cette solution permet un assouplissement des structures musculo ligamentaires pour un maximum de correction. Elle n'est envisagée que lorsque l’hyper cyphose évolue.
  • Pour les sujets âgées, l'atteinte ostéoarticulaire et les déformations thoraciques sont souvent trop importantes pour envisager un traitement correcteur.

Comment prévenir l'apparition de la cyphose ? 

  • Rechercher et corriger une mauvaise attitude posturale
  • Eviter le port de talons hauts
  • Pratiquer des étirements réguliers
  • Entretenir sa musculature lombaire et abdominale
  • Conserver un poids normal

Des exercices et conseils peuvent être très efficaces :

  • Conseiller à l'enfant de marcher avec son cartable les mains derrière le dos ou en tenant les bretelles.
  • La correction du plan de travail est fondamentale durant la croissance. Incliner le pupitre de 15° vers soit peut réduire la cyphose cervico-thoracique et limiter la projection de la tête vers l'avant. Pour la cyphose thoraco-lombaire, on conseillera une assise en bout de siège, un siège incliné vers l'arrière (ou l'utilisation d'un coussin triangulaire) et une position des pieds en arrière de l'assise.

On gardera à l'esprit que l’évolution infantile de l'hypercyphose est souvent asymptomatique rendant son diagnostic souvent tardif ! En effet de nombreux adolescent présentant une hypercyphose visible depuis des années se plaignent d'importantes douleurs dues à la fragilité de leur rachis lors de la croissance pubertaire. Il convient donc de prendre en charge l'enfant le plus tôt possible.

scoliose et cyphose dorsale, traitement du mal de dos

L'ostéopathie pour la prévention et le traitement de la cyphose thoracique

L'ostéopathe peut, par une étude approfondie du tonus postural en statique et en dynamique, déterminer un axe de traitement et des conseils adaptés à la situation du patient. En tant que thérapie de 1ère intention, son rôle dans le dépistage est majeur de la l'hyper cyphose (cyphose pathologique).

Si le diagnostic est suffisamment précoce, l'étude des chaines musculaires, des dysfonctions articulaires, viscérales et fasciales sont autant d'éléments à prendre en compte pour comprendre au mieux son patient et mener à bien une thérapie durable et personnalisée pouvant limiter considérablement les douleurs et la progression de l’hyper cyphose thoracique.

La libération des dysfonctions articulaires en ostéopathie permettra un gain d'amplitude, le relâchement des muscles du rachis thoraciques (spinaux, rhomboïdes Trapèze …) et ainsi diminuera les douleurs ressenties par le sujet. On veillera donc à tester les mobilités actives et passives dans tous les plans de l’espace.

Les facteurs aggravants et soulageant de la douleur sont des éléments à relever qui permettent de déterminer si la douleur est plutôt d'origine musculaire, articulaire, osseuse, viscérale ou fasciale !

Deux patients hyper-cyphosés présentant pour l'un des douleurs thoraciques à l’inspiration et pour l'autre des douleurs de même nature mais avec un mode d'apparition différent (contexte de stress, ou port d'une charge lourde par exemple) nous indiquent pour une même douleur deux étiologies complètement différentes ; les axes de traitement ne seront pas les mêmes.

Cyphose, mal de dos et ostéopathie


Pour la manipulation ostéopathique, on prendra soin de ne pas chercher un thrust (technique d'ostéopathie structurelle) en hyperextension (très sollicitant pour les muscles intercostaux et les articulations costo-vertébrales).

On gardera à l'esprit qu'une hypercyphose non douloureuse n'est pas forcément à corriger ! C'est signe d'une bonne adaptation du sujet autour de son schéma postural, à respecter bien que dysfonctionnel !

Conclusion :

La colonne vertébrale de notre corps s’est donc construite et adaptée pour résister à des forces de compression, de cisaillement, de tension, d’inclinaison et de rotation.

Elle possède pour cela une stabilité intrinsèque disco ligamentaire et extrinsèque grâce aux muscles rachidiens qui protègent les disques et les foramens.

Cet impressionnant système à la fois mobile, protecteur des organes vitaux est chez certains sursollicité. L’hypercyphose thoracique est un des exemples de troubles structurels qui peuvent toucher le rachis thoracique. Ces modes d’apparition sont variés, ils peuvent être progressifs ou constitutionnels et avoir bien des explications différentes. L’ostéopathe désireux de comprendre au mieux le patient hyper-cyphosé aura à cœur d’en explorer et d’en comprendre les multiples causes et effets dans le souci d’une toujours plus grande adaptabilité de son traitement.


Sources :

  • Centre Européen de la Colonne Vertébrale - http://www.demauroy.net/ ;
  • Harrison - Principes de médecine interne
  • Revue du Rhumatisme 71 (2004) 137-144 - Comment examiner un trouble de la statique rachidienne ?
  • Roussouly P,Pinheiro-Franco JL. Sagittal parameters of the spine : Biomechanical approach. Eur Spine J 2011
  • https://www.caducee.net/DossierSpecialises/rhumatologie/cyphose-lordose.asp
  • http://www.bdsp.ehesp.fr/Base/298930/
  • https://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=cyphose
  • http://www.demauroy.net/faq_cyphose.htm
  • https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/probl%C3%A8mes-de-sant%C3%A9-infantiles/maladies-osseuses-chez-l%E2%80%99enfant/cyphose
  • https://www.vulgaris-medical.com/encyclopedie-medicale/cyphose-causes-traitements-prevention

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